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Chirurgie végétale

Observer la nature tout au long de l'année, planter, semer, récolter des salades, des radis, des tomates ou autre, c'est un plaisir qui n'a pas d'égal.

Evidemment, un jour ou l'autre on a envie d'agir sur l'évolution naturelle : on marcotte, on bouture, et on essaie de greffer. Mais c'est un peu difficile : il y a beaucoup de conditions à réunir. Choix du porte-greffe, prélèvement du greffon (il faut trouver le bon moment) et enfin la greffe proprement dite, elle aussi au bon moment ! Après viennent les semaines de doute et d'espoir, jusqu'au jour où c'est sûr, on a réussi. Quelle joie de voir éclater les premiers bourgeons et pousser les premières feuilles...

La greffe que vous voyez ici est une greffe en fente de cerisier, réalisée à la mi-février en région parisienne. Le porte-greffe : un merisier qu'un oiseau avait semé. Le greffon a été prélevé deux jours avant le greffage. Pour augmenter les chances de succès, j'ai bien serré la partie greffée avec du raffia, avant de mastiquer (mastic chauffé au bain-marie pour le rendre plus fluide et qu'il empêche l'air de sécher la zone "opérée"). Ce lien a été recoupé environ un mois plus tard, au départ de la végétation, pour ne pas gêner la croissance.

Les expériences se poursuivent : à la mi-août greffe en écusson de cerisiers (un succès et de nombreux échecs) : ce qui paraît important, c'est d'arroser copieusement deux ou trois jours avant l'opération afin que le sujet soit bien en sève ce qui rend facile le décollement de l'écorce. En septembre greffes en fente, en incrustation et anglaise compliquée. Nous verrons ce qui donne les meilleurs résultats.

A gauche une greffe en fente double et à droite une greffe en fente simple, toutes deux réalisées en pleine campagne (dans le Perche) sur des merisiers semés par les oiseaux. Des piquets avertissent le faucheur qu'il doit faire attention : ce ne sont plus des plantes sauvages !

Ci-dessous une greffe en fente d'abricotier effectuée en septembre sur un prunier. Le bourrelet de greffe a d'abord écarté le porte-greffe et maintenant, il commence à recouvrir l'ensemble. Après deux ans de conduite, par mon gendre, l'abricotier est devenu une palmette à la diable et cette année, il porte déjà des fruits ; pourvu que le monilia nous en laisse assez pour que nous goûtions à ce beau fruit.

Au bout de deux ans, nous avons récolté 6 superbes abricots savoureux. Hélas la sècheresse nous en a fait perdre autant. Mais pour une première récolte, c'est encourgeant.

Ci-dessous, grâce à un accident sur greffe en fente de prunier, on voit comment le greffon produit du bois sur le côté du porte greffe en s'insinuant sous son écorce, avant de ceinturer le vieux bois.

Ici, une greffe anglaise compliquée de pommier melrose sur EM IX, faite "sur table", je vais en faire un pommier en cordon ; il me faudra 4 à 5 ans pour obtenir un résultat significatif.

Là, une greffe de melrose en pincement, au départ d'une branche, le mastic a empêché la pénétration de l'air et de l'humidité, mais dans ce cas, il est inutile de ligaturer. En quelques semaines, le greffon a produit des pousses de 80 cm, il produira probablement assez vite (2 ou 3 ans) ; effectivement, la prévision s'est avérée exacte, puisque deux ans ont suffi pour qu'il y ait des fleurs, donc potentiellement des fruits. En septembre, il reste une bien belle pomme très appétissante. Un an plus tard c'est une bonne douzaine de pommes qui a été récoltée.

Ci-dessous à gauche, une greffe en écusson sur un rejet de pommier, à ras du sol. La greffe effectuée en août a démarré tout de suite et voulait fleurir dès septembre. Il a fallu pincer les boutons à fleur pour ne pas épuiser le jeune greffon. A droite un écusson d'abricotier sur prunier de semis, après un an et demi : la pousse est spectaculaire et les premières fleurs viendront dès l'an prochain.

Un écusson de cerisier datant du mois d'août 2004 semble démarrer fin mars 2005, de même une greffe anglaise simple et une greffe en fente faites en septembre ; à droite une greffe anglaise compliquée de cerisier un an après l'opération. Les trois dernières portent sur des branches de la grosseur d'un crayon.

En février et mars 2005, j'ai greffé sur table 24 pommiers (partie sur MM106, partie sur Pajam2) ; résultat 23/24 succés. Pas de différence permettant de préférer la greffe en fente ou la greffe anglaise (compliquée ou non). Il semblerait que greffer les pommiers est assez facile. Les greffons venaient pour la plupart de la bourse aux greffons de l'association "Les croqueurs de pommes de l'Ile de France" ; si vous êtes intéressé par la sauvegarde du patrimoine fruitier, allez visiter son site et adhérez pour profiter des conseils gratuits des amateurs éclairés.
Voici une liste en vrac, des pommiers dont je dispose :
bénédictin, borovitsky, Calville blanc d'hiver, cox's orange, belle de Boskoop, cabarette, reinette de Brabant, reinette ananas, winter banana, reine des reinettes, canada blanc, canada gris, de l'Estre, reinette Armand Puille, Gravenstein, reinette Baumann, golden, signé Tillisch, melrose, transparente de Croncels, reinette clochard, rougette du Perche, reinette du Mans, grand Alexandre, reinette de Caux, sans pareille de Peasgood, reinette d'Armorique, belle de Pontoise, reinette Abry, chantecler, cripps pink, Alfred Jolibois, vedette du Béarn, kid's orange red, azéroly anisé, suntan, monidel, freyberg, gala, Delbard jubilé, double belle fleur, akane, vista bella, archarm, granny Smith, Jacques Lebel, reinette marbrée d'Auvergne.

Pour cette année 2006, j'ai commandé 24 porte-greffe de pommier (pajam) et 20 de poirier (dix cognassiers BA29 et dix OH11)

Le 5 mars j'ai greffé les poiriers. Je trouve que la greffe anglaise est mieux adaptée que la greffe en fente, car le bois des porte-greffe est très dur et la fente se resserre mal sur le greffon--- nous verrons le résultat dans quelques semaines. Très peu d'échecs au démarrage, mais le manque d'arrosage a fait des dégats en juillet.

Je dispose des variétés suivantes :

doyenné du comice, Général Leclerc, Pierre Corneille, Louise bonne d'Avranches, Nec plus ultra Meuris, Comtesse de Paris, Duchesse d'Angoulème, conférence, Jeanne d'Arc.

Pour les pommiers, j'ai greffé les 24 pajam le 15 mars ; j'espère que le froid qui a suivi ne les gênera pas. Très peu d'échecs également. Mon problème va être de trouver de la place pour ces jeunes arbres... Problème résolu en 2009 par l'acquisition de nouveaux terrains.

J'ai aussi greffé sur franc de semis personnel de pépin de pomme un greffon de la variété rougette, typique du Perche.

En outre, mon ami Yves Rainisio m'a aidé à surgreffer en fente un vieux pommier qui ne donnait pas grand'chose. Nous avons installé 5 variétés sur le même arbre : jolibois, reinette d'Armorique, reinette Baumann, reinette de Caux et de l'Estre. C'est incroyable, les cinq ont bien démarré, certaines ont même fait des pousses dépassant 1,5m. Il me restera à surveiller l'équilibre de l'ensemble pour que la cohabitation soit harmonieuse. Je n'exclus pas d'ajouter quelques autres variétés pour m'amuser. En 2009, je suis passé à 10 variétés sur le même arbre.

NOUVEAU : deuxième quinzaine d'avril, j'ai commencé le greffage de tomates sur porte-greffe de tomate, réputé vigoureux et résistant à plusieurs maladies. Méthodes testées : fente ordinaire, greffe anglaise simple ou compliquée. Comme mes PG sont en avance par rapport aux variétés à greffer, je vais tenter d'ététer des PG pour provoquer l'apparition de deux tiges de plus faible diamètre. Pour le moment : 20% d'échec. L'expérience a prouvé que la greffe doit être faite à l'etouffée. Il suffit de coiffer le pied greffé d'un bouteille plastique privée de son fond. J'ajoute qu'il est bon de mettre un petit tuteur pour faciliter le tenue du greffon dans les premières heures (une petite brochette en bois fait l'affaire).

Au mois de septembre, les pieds greffés, sont devenus très vigoureux, mais il n'ont pas échappé au mildiou, malgré trois passages de bouillie bordelaise.

A la fin avril, j'ai tenté, avec succès la greffe en coulée pour regarnir une charpentière sur un pommier en espalier. Voici ce que çà donne au bout de 15 jours, puis l'année suivante :

Cette méthode permet d'obtenir des fruits très près des charpentières. Il paraît qu'il est possible de greffer simplement des yeux à fleur, mais je n'ai pas encore essayé.

En septembre 2007, j'ai greffé un pommier en écusson à oeil dormant ; j'attendais son demarrage au printemps suivant. Mais pendant 2008, aucun développement, si ce n'est que la cicatrisation avait bonne allure. Ce n'est qu'au printemps 2009 que le bourgeon s'est mis en mouvement, ci-dessous, photo prise début avril. Il faut donc être patient...

Au printemps 2009, nous avons acquis avec mon voisin, un terrain sur lequel il y a plus de 200 pommiers en six variétés. C'était un outil de travail pour un arboriculteur qui a pris sa retraite. J'ai entrepris de surgreffer un partie de ces pommiers avec des variétés anciennes, rustiques, nécessitant peu de traitements et aux goûts variés introuvables sur les marchés. C'est un terrain d'expériences dont je donnerai ici les résultats.

Glycine :

J'ai semé des graines il y a deux ans, elles ont donné des plantes assez vigoureuses, mais il paraît que la floraison ne vient qu'au bout de 10 à 12 ans. Pour raccourcir ce délai, j'ai lu qu'il fallait greffer. C'est ce que j'ai fait et réussi en mars (greffe anglaise) vous aurez bientôt une photo. Ce procédé a en outre l'avantage de fixer a priori la couleur des fleurs, ce qui n'est pas le cas des plants de semis (hybridation).

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